« Les barrières commerciales en Europe ne servent à rien » selon Ericsson

Le PDG du leader mondial des équipements et services télécoms, le suédois Ericsson, explique la transformation des métiers du groupe, qui emploie 1.400 personnes en France. En plein débat sur le marché unique des télécoms en Europe et le « patriotisme économique » défendu par Arnaud Montebourg pour soutenir son concurrent Alcatel-Lucent, Hans Vestberg confie à La Tribune sa vision plutôt atypique dans le secteur.

Ericsson opère sur un marché des équipements télécoms considéré par les analystes comme structurellement difficile, un secteur à faible marge et croissance modeste…

Hans Vestberg : C'est une vision un peu injuste ! Si l'on regarde l'évolution d'Ericsson depuis dix ans, nous nous sommes constamment transformés. Nous réalisions plus des deux tiers de notre chiffre d'affaires dans les équipements télécoms il y a dix ans, aujourd'hui ce sont les services et les solutions logicielles qui en génèrent les deux tiers. Certains de nos concurrents, comme Alcatel-Lucent et NSN, sont restés sur les segments plus traditionnels du métier. Il faut sans cesse se réinventer pour garder une longueur d'avance.
Alors Ericsson est-il encore un équipementier télécoms ? Ou bien une entreprise de logiciels, ou un fournisseur de services TV ?

Si l'on se compare aux grands acteurs du logiciel, nous serions au cinquième rang mondial derrière Microsoft, Oracle, IBM et SAP. Il y a dix ans, nous étions un industriel, un pur constructeur de matériel pour les télécoms. Aujourd'hui, moins de 5% de nos 114.000 salariés travaillent dans la production d'équipements physiques et la majorité, plus de 60%, sont dans les services. Nous devons nous transformer constamment pour rester pertinent. Nous nous sommes diversifiés dans l'univers des services de diffusion des médias, de la télévision. Dans les années 1970 et 1980 nous étions numéro un dans le fixe, maintenant nous sommes numéro un dans les services et dans le mobile.

Le chinois Huawei pourrait vous dépasser bientôt, combien de temps pensez-vous rester leader dans le mobile ?

Nous sommes encore deux fois plus gros que le suivant en chiffre d'affaires dans le mobile. Ceci dit, Huawei a bien travaillé ces dix dernières années pour gagner des parts de marché.

Que pensez-vous de la stratégie de Huawei, présent à la fois dans les équipements et le marché grand public des smartphones, soit l'inverse de la vôtre ?

Chaque entreprise choisit la stratégie qui la conduit à tirer parti de ses points forts. Nous avons préféré vendre nos parts dans notre activité de téléphones portables [ex-Sony Ericsson désormais contrôlé à 100% par Sony] et nous recentrer sur le marché BtoB où nous pouvions trouver de la croissance. Nous n'avons aucune intention de nous lancer dans le hardware grand public, que ce soit dans la maison connectée ou un autre domaine.

Les équipementiers chinois sont soupçonnés de dumping par certains acteurs du secteur. Pensez-vous que l'Europe aurait dû mieux protéger ses équipementiers ?

Pas du tout ! Il y a eu tout un débat sur le sujet mais nous ne croyons pas aux barrières commerciales, cela ne sert à rien. Nous défendons le commerce libre et ouvert, dans les 180 pays où Ericsson est présent. Ce sont les valeurs d'Ericsson depuis 138 ans !

Que vous inspire le « patriotisme économique » que défend notre ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique Arnaud Montebourg, qui enjoint les opérateurs français de privilégier les équipementiers nationaux ?

Je n'ai pas de commentaire particulier, nous ne faisons pas de politique. Ericsson évolue sur un marché mondial, il y a 6,7 milliards d'abonnements mobiles dans le monde ! Notre priorité est de participer aux fondations de la future société connectée, la société en réseau. Dans cinq ans, en 2019, il y aura 9,3 milliards d'abonnements mobiles dans le monde et 5,6 milliards de personnes accéderont à Internet depuis un smartphone. Cela va changer profondément la façon dont les entreprises font leur business et dont les individus communiquent.

Avez-vous peur des acteurs Internet, qui sont souvent craints par le monde des télécoms ?

C'est une industrie encore jeune, nous sommes dans la première phase d'une révolution technologique. Le haut débit mobile n'a que cinq ou six ans. Cette révolution a conduit les opérateurs surtout à se poser des questions, à choisir entre rester sur le métier de réseaux ou aller conquérir de nouveaux marchés comme les connexions de machine à machine, les solutions de sécurité et de domotique à la maison, etc., où ils peuvent se trouver en concurrence avec les acteurs de l'Internet. Nous avons deux cœurs de métier, les infrastructures et les services télécoms, où nous comptons croître de manière organique, en investissant dans la R&D, et nous voulons nous développer dans quelques marchés ciblés, la télévision, les réseaux IP, le cloud et les modems. Nous ferons peut-être des acquisitions dans le machine-to-machine et le paiement mobile.

Votre job vous paraît-il plus excitant que de diriger Microsoft, qui vous avait approché en début d'année pour succéder à Steve Ballmer ?

Je n'ai jamais rien fait d'autre dans ma carrière [il est entré à 22 ans chez Ericsson en 1988 NDLR] ! C'est une époque fantastique pour diriger ce groupe, qui a su se réinventer en 138 ans et rester leader. Mon job est d'essayer de garder ce leadership pour le siècle à venir. C'est vrai, c'est ambitieux, mais dans ce métier, il faut avoir une vision de long terme. Par exemple, nous investissons dans la 5G alors qu'elle ne sera lancée commercialement qu'en 2020 au mieux.

Delphine Cuny
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