Easyvoyage : "Le combat de la non dépendance à Google est perdu pour les pure players"

Interview de Jean-Pierre Nadir, président-fondateur d’Easyvoyages

Comme chaque début d’année, il est de coutume d’essayer d’entrevoir les grandes tendances économiques et technologiques qui marqueront les prochains mois. Toute la semaine, i-tourisme & Tourmag donneront la parole aux dirigeants de l’e-tourisme français afin de saisir les grandes lignes de leurs projets pour 2014.
En 2013, le e-commerce devrait générer plus de 51 milliards d’euros en France, soit une hausse de 14% par rapport à 2012. Des chiffres records pour l’e-commerce en France selon la Fevad. Qu’en sera-t-il pour l’année à venir ? Quels sont les projets et orientations des acteurs de l’e-tourisme pour 2014 ? Jean-Pierre Nadir, président-fondateur d’Easyvoyage, nous livre aujourd’hui sa vision.

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i-tourisme : Quelle est votre pronostique, en terme économique, pour l’année 2014?

Jean-pierre Nadir : "Il n’est pas bon. La part disponible des Français est de est de plus en plus réduite.

A partir du moment où on augmente les impôts, qu’on diminue les subventions du style allocation familiale et autres, et qu’on menace de s’en prendre à l’épargne, comment voulez-vous que les Français aient envie de consommer ?

D’ailleurs ils le disent : à 80% ils sont pessimistes.

La situation ne risque pas de s’arranger à court terme. Peut-être vers la fin de 2014 et sans doute 2015, car nous allons bénéficier de la reprise des autres pays qui ont su se réformer : l’Allemagne bien entendu, l’Angleterre aussi.

L’Espagne repart, l’Irlande est à fond et même l’Italie redresse la tête. "

i-tourisme : Votre diagnostique est sévère. Et pour le e-tourisme ?

JPN : "Nous assisterons peut être à une baisse en chiffre d’affaires, en tous cas une stabilité.
Mais les hausses de ces dernières années sont terminées.Les transferts de clientèle des agences traditionnelles vers nous, atteignent leurs limites. Nous ne pouvons plus compter sur ce réservoir de prospection, notre part de marché étant déjà très élevée."

i-tourisme : Dans ce contexte, quelle est la stratégie du site Easyvoyages?

JPN : "Le combat pour être Google non dépendant est perdu pour nous et tous les autres pure players.

Notre objectif est donc d’être le moins dépendant possible et comme je sens le danger, je me bats sur tous les fronts : une application pour nos membres, nos newsletters, la "garantie du meilleur prix" pour les vols, notre communication en télévision, nos avis de consommateurs, nous en recevons 150 par jour, notre forum.

Nous répondons en moins de 24 heures, nous sommes à fond sur le responsive design, sur le Big Data et sur la mobilité. "

i-tourisme : quels sont vos projets autour du Big Data ?

JPN : "Oui, le Big Data. Je n’ai que ça.

Notre volonté est de développer des algorithmes intelligents pour convaincre les consommateurs et travailler sur nos bases comportementales."

« Le pire n’est jamais sûr »
i-tourisme : et sur la mobilité ?

JPN : "Bien entendu nous travaillons aussi sur la mobilité avec le handicap que cela entraîne pour le secteur du tourisme.

Si vous vendez une paire de chaussures, le principe d’avoir un écran plus petit ne pose pas de problème. Pour des séjours, c’est bien plus difficile pour argumenter, faire rêver, inspirer, etc. Nous venions de finir de maîtriser les autres devices, c’est un recommencement. Mais c’est incontournable et nous espérons pouvoir en tirer parti. "

i-tourisme : Pas de déprime pour 2014 alors ?

JPN : "Surtout pas, mais plutôt du courage et de l’énergie. Je repense souvent à une phrase de Goethe : « le pire n’est jamais sûr » Rien n’est perdu, mais rien n’est gagné aussi. Nous n’avons pas d’alternative, il faut avancer."

Rédigé par Mathilde Khlat
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